Des documents secrets précisent l'utilisation d'une arme nucléaire tactique par la Russie

 

Des documents secrets précisent l'utilisation d'une arme nucléaire tactique par la Russie

2000002982373Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a déclaré que Moscou est en mesure d'utiliser des armes nucléaires stratégiques.

Des documents russes classifiés révèlent les conditions étendues selon lesquelles la Russie pourrait être amenée à utiliser des armes nucléaires tactiques. Les conditions sont posées, noir sur blanc.

Sources

Obtenus par des sources occidentales jettent une lumière crue sur l’étendue des critères exigés par le Kremlin pour l’utilisation russe d’armes nucléaires tactiques (plus faible que celles dites "stratégiques") lors d’un conflit avec une grande puissance mondiale.

Dossiers

Consultés par le Financial Times, les dossiers militaires, au nombre de 29, font état d’un seuil d’utilisation des armes nucléaires tactiques inférieur à celui que la Russie veut bien admettre publiquement.

Documents

Selon les experts, les documents ont été rédigés entre 2008 et 2014 et se destinent à des officiers de marine, parmi les principaux concernés par les principes opérationnels de l’utilisation des armes nucléaires tactiques, qui peuvent être lancées par des missiles terrestres ou maritimes ou encore par des avions.

Alexander Gabuev

"C'est la première fois que des documents de ce type sont rendus publics", indique au Financial Times Alexander Gabuev, directeur du centre Carnegie Russie Eurasie à Berlin. Mauvaise nouvelle : "Ils montrent que le seuil opérationnel pour l'utilisation d'armes nucléaires est assez bas si le résultat souhaité ne peut pas être atteint par des moyens conventionnels."

Enjeux

Parmi les enjeux identifiés par la Russie comme critères pour une frappe nucléaire potentielle, un débarquement ennemi sur le territoire russe, la défaite d'unités chargées de sécuriser les zones frontalières ou une attaque ennemie imminente à l'aide d'armes conventionnelles.

Destruction

La destruction de 20 % des sous-marins stratégiques russes équipés de missiles balistiques, de 30 % des sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire, d'au moins trois croiseurs, de trois aérodromes ou la frappe simultanée des centres de commandement côtiers principaux et de réserve sont également des éléments déclencheurs.

Objectifs

Les objectifs légitimant l’appui nucléaire sont larges : "empêcher les États de recourir à l'agression ou à l'escalade des conflits militaires", "arrêter l'agression", empêcher les forces russes de perdre des batailles ou des territoires, et rendre la marine russe "plus efficace".

Vladimir Poutine

Et ce n’est pas tout. Alors même que Vladimir Poutine s’évertue à entretenir l'alliance avec la Chine, les documents qui ont fuité établissent que le district oriental de la Russie répète de multiples scénarios envisageant une invasion chinoise.

Fédération

Dans ce cas, la Fédération pourrait répondre avec une frappe nucléaire tactique pour empêcher le "Sud" d’avancer, depuis plusieurs années déjà.

Observateurs

Les observateurs occidentaux ont noté des exercices russes dans deux régions limitrophes de la Chine, au cours desquels ont été utilisés des missiles Iskander à capacité nucléaire, rappelle William Alberque, directeur de la stratégie, de la technologie et du contrôle des armements à l'Institut international d'études stratégiques, pour le Financial Times.

Ministère

De son côté, le ministère chinois des affaires étrangères se défend de toute suspicion à l’égard de Moscou. "Le traité de bon voisinage, d'amitié et de coopération entre la Chine et la Russie.

Amitié

(Signé en 2001 entre les deux puissances) a légalement établi le concept d'amitié éternelle et de non-ennemi entre les deux pays", a déclaré un porte-parole chinois au Financial Times. La "théorie de la menace" n'a pas de place en Chine et en Russie. Mais la méfiance est de mise.

Conflit

Depuis le début du conflit ukrainien, Vladimir Poutine fait planer la menace de l’utilisation des armes nucléaires. Dès les premiers jours de l'invasion russe, le maître du Kremlin exigeait ainsi que les "forces nucléaires" soient mises "en régime spécial d’alerte au combat", relatait alors BFMTV.

Moyens

"Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour défendre la Russie. Ce n’est pas du bluff", a encore répété Vladimir Poutine en septembre 2022 alors que ses forces montraient des signes de faiblesse sur le front.

Loi

Moscou a signé jeudi 2 novembre 2023 la loi sur la révocation de la ratification du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Ticen).

Viatcheslav Volodine

Décision qualifiée par le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, de "réponse à une attitude odieuse des États-Unis envers leurs obligations sur le maintien de la sécurité globale" reportait Libération.

Discours

La Fédération a toutefois régulièrement revu son discours sur la dissuasion nucléaire, affirmant par exemple en décembre 2022 que les Russes ne sont "pas devenus fous". "Nous savons ce que sont les armes nucléaires. Nous considérions les armes de destruction massive, l'arme nucléaire, comme un moyen de défense", a détaillé Vladimir Poutine selon l’AFP.

Frappe

"L'hypothèse d'un recours est construite autour de ce qu'on appelle la frappe en représailles : si on nous frappe, on frappe en réponse". En clair : La Russie garde un doigt sur la détente tout en se réclamant d’une position de victime.

Financial Times

Il n’est pas exclu que la Russie utilise une arme nucléaire tactique de faible intensité, note le Financial Times, dans une tentative de choquer l’adversaire et d’empêcher une extension de la guerre impliquant, par exemple, les États-Unis.

William Alberque

Ils parlent de "dégriser leurs adversaires, de les faire sortir de l'ivresse de leurs premières victoires en introduisant des armes nucléaires", analyse William Alberque pour le média britannique.

Dose

"La meilleure façon dont ils pensent pouvoir y parvenir est d'utiliser ce qu'ils appellent une « dose » plus faible d'armes nucléaires à un niveau de combat beaucoup plus bas afin d'éviter l'escalade" future.

Stratégie

Toutefois, cette stratégie est mise en doute, dans un article de la BBC par Alexei Arbatov, Konstantin Bogdanov et Dmitry Stefanovich, du Centre pour la Sécurité Internationale, qui fait partie d'un groupe de réflexion au sein de l'Académie des sciences de Russie.

Idée

"L'idée selon laquelle l'utilisation d'armes nucléaires peut arrêter l'escalade et résoudre des problèmes stratégiques que les moyens militaires conventionnels n'ont pas réussi à résoudre est extrêmement douteuse" affirment-ils.

Nucléaire

Mais la question nucléaire n’est pas prête de disparaître, en témoigne, rappelle Usbek & Rica, les récentes suspicions des services de renseignements américains sur la recherche russe d’une arme nucléaire capable de paralyser des satellites.

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